500 Formule 3, les rencontres Internationales de l’époque.

Dés le debut de la création des premières courses de voitures de petites cylindrées au sortir du deuxième conflit Mondial, l’idée de rencontres entre différentes nations a très vite germée dans la tête des organisateurs d’événements, n’oublions pas que au sortir de ce conflit l’idée de la nation était tout autre que ce que nous nous en faisons aujourd’hui, le peuple essentiellement issu du monde paysan ou ouvrier ne quittait que très rarement son département, encore moins sa région, ne parlons même pas d’aller à l’étranger. Alors une affiche avec des Français qui luttent avec des Anglais cela avait un peu d’attrait quand même, c’était même l’évenement.

Dés 1950 avec la création officielle des Championnats nationaux de 500cc F3 un fort engouement aller fédérer ces courses de petites cylindrées auparavant appelés « racers » il faut replacer l’ensemble dans le contexte de l’époque, n’oublions pas qu’ il n’y a pas de télé, les nouvelles se reçoivent par la presse avec l’inertie que cela engendre, le téléphone n’est pas répandu du tout, alors comme la télévision balbutiera encore pour quelques années. Il faut aller le chercher l’événement. Quelques affiches, un peu de promo dans quelques journaux et c’était parti la billetterie fonctionnait à plein, un prix d’entrée public bas et on vient en famille, un programme avec quelques « réclames » et l’ensemble était lancé, ces courses attiraient un public réelement considérable, la rentrée d’argent qu’elle générait permettait de payer les pilotes pour venir en découdre sur les pistes (heureuse époque!!) tout roulait simplement dans le meilleur des mondes avec quelques bottes de pailles pour délimiter un tracé souvent hasardeux.

Donc remis dans son contexte c’est avec une belle ferveur que le public se déplacera, quand à partir de 1950 des courses réservées à des machines de compétition de type monoplaces seront présentées au public, elles engendreront une marée humaine venue voir ces bolides fumants et pétaradants, l’époque est encore aux couleurs nationales le pays est trés cocardier, la représentation visuelle est la, le bleu de France, le vert Anglais, le rouge Italien…etc….pour les autres pays. Les organisateurs vont sentir le vent tourner et créer de belles épreuves Internationales. En France l’Agaci sera l’instigatrice de ce nouvel élan avec les courses à Montlhéry.

Chez nous en ce début 1950 nos Françaises DB sont la valeur étalon, le racer DB a été présenté en grande pompe au dernier salon de l’auto, il y a même une équipe officielle de Formule 3 DB, les pilotes sont les deux patrons Deutsch et Bonnet, mais aussi Bayol, Chaussat une vraie équipe à l’instar de ce qui se fait chez Gordini pour la Formule 1.

D’autres constructeurs artisanaux ce sont lancés dans le bain de la compétition, Hardy, Freiss, Terrigi, Debuire, Surva/Otterbein, pour ne citer que les premiers pionniers. Cette premiére course Française à valeur Internationale sera remportée par le pilote Britannique Ken Carter sur une Cooper Anglaise, Carter sera Champion d’Angleterre F3 pour l’année 1950, il relégue à deux secondes pleines nos petites DB, le ton est donné durant cette course d’Avril 1950,  jamais nos petites DB Panhard ne serront en mesure de battre ces Formules 3 Britanniques, elles n’auront pourtant pas déméritées montrant des capacités de tenue de route supérieures aux châssis Britanniques, mais comment lutter contre une machine de même poids dotée d’une mécanique qui a 10 chevaux de plus?  Il n’y en a déjà pas beaucoup, alors dix de plus cela fait une sacré différence!   

Le DB est surclassé dès la premiere confrontation pendant la première séance chronométrée, les Anglais ont trois ans d’avance sur nos petits « Frenchies » il y a déjà quelques saisons qu’ils se mesurent dans diverses courses réservées pour ces petites cylindrées. Mais quand est il des autres monoplaces à mécaniques Simca cinq ou Zündapp? La c’est carrément le gouffre, elles sont totalement à « la ramasse » à quatre ou cinq  tours minimum des premiers. Camille Hardy finira 12 eme à 11 tours du premier, cela en est presque farce!.

D’ailleurs ces F3 artisanales ne seront que très rarement dans le coup, et cela ne durera pas bien longtemps de toute façon, les machines « officielles » et les modèles de chez DB, Cooper, Kieft, JBS..etc évoluent en permanence, elles dameront le pion en permanence à toutes les constructions artisanales et cela à toutes les occasions sur notre sol, il en sera de même d’ailleurs à l’étranger aussi. En France elle seront plus que cantonnées à faire de la figuration dans les meetings régionaux qui vont éclore un peu partout, leur participation pourtant fort sympathique ne sera pas couronnée de succès, elle permettront pourtant à leurs constructeurs de participer, de se faire plaisir. Il y avait pourtant de très belles constructions.

A partir de 1951, il n’y en déjà plus beaucoup de ces constructions dites amateurs dans les courses Internationales de Formule 3, ils vont rapidement comme on dit « lâcher l’affaire » les pionniers Français de la clé de 13. A partir de 1952 leur présence deviendra même anecdotique, maintenant pour espérer seulement jouer placé au niveau International voir même régional il faut une Cooper, une Kieft ou une JBS avec un moteur Norton Manx « Double Knocker », bien loin l’ensemble chassis mécanique en terme de performance ou de prix de revient d’une construction artisanale montée avec le système D.La course automobile de tous temps à toujours été une histoire de gros sous, même à cette époque la.

L’équipe DB lâchera elle aussi progressivement l’affaire, n’ayant jamais eu de mécanique aussi performante que ces diables de moteurs Anglais, en 1952 seul le pourtant très rapide Elie Bayol amènera une DB sur un podium, loin en terme de performance il saura profiter d’une course hécatombe pour décrocher ce résultat. D’ailleurs la seule victoire Internationale d’une DB toute années confondues sera l’oeuvre de l’Allemand Helmut Glöckler qui gagnera au Nurbüring  avec un DB à moteur…..BMW « Rennsport »! René Bonnet militera auprès de la fédération Française pour la création d’une formule dite « 750 » qui il le sait le désavantagera moins, l’aboutissement de ses tractations débouchera sur la création de la série « Monomill » en 1954 mais cela est une autre histoire que je vous raconterai plus tard.

Et pourtant le châssis DB était à n’en pas douter parmi les meilleurs, sinon le meilleur, sa tenue de route très nettement supérieure ne permettait pas de combler le deficit de puissance de son moteur, en 1952 les Norton sont proche des 50 chevaux quand le Panhard 500 n’arrive pas à en produire lui ne serait ce que 40. Le manque de performance de la mécanique ne peut être compensé par le châssis qui lui est excellent.

Le grand bain de la Formule trois 500cc était définitivement bien lancé en 1950, la F3 500 permettra de voir éclore toute une pépinière de futur Champions automobile pour la plupart Britanniques, Stirling Moss, Peter Collins, Graham Hill, Ken Tyrrell, le Franco Américain Harry Schell, mais aussi Jack Brabham, Bernie Ecclestone et le multi champion de F3 de la deuxième moitié des années 50 Jim Russell qui deviendra encore plus célébre en créant la fameuse école de pilotage Jim Russell à Snetterton, école mère de toute les écoles de pilotage que nous connaitrons bien dans années plus tard en France.

Pour en revenir à la F3-500, cette catégorie ne survivra pas à l’année 1955 en France, le terrible accident du Mans de cette même année sonnera le glas des épreuves régionales sur des circuits de cette époque majoritairement urbains. En Angleterre il y aura de belles années encore comme dans la plupart des pays d’Europe, à partir de 1958/59 la Formule Junior mettra fin à tous les Championnats Nationaux de Formule 3 500cc.

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